L’histoire des frères Elric est, encore à ce jour, considérée comme l’une des meilleures sur la scène du manga. Cet héritage n’a pas pour autant freiné Hiromu Arakawa, qui multiplie les séries depuis la fin de Fullmetal Alchemist en 2010. Dernière en date, Tsugai – Deamons of the Shadow Realm pourrait lui aussi devenir l’un des titres de référence de l’autrice avec son histoire de fratrie et de magie. Nous avons vu le premier épisode de l’anime produit par Bones avant sa sortie ce samedi 4 avril sur Crunchyroll. Voici notre avis.

L'héritier de Fullmetal Alchemist retient son souffle et lâche une bombe

Tout semble avoir été écrit d’avance. Deamons of the Shadow Realm s’ouvre sur la naissance de jumeaux qui « sépareront le clair et l’obscur », prédestinés à « régner sur les Tsugai ». Un mot encore entouré de mystère dans les premiers moments et qui ne prend sens qu’à la toute fin de l’épisode. Déjà, Bones sert la maîtrise narrative d’Arakawa avec cette boucle. L’épisode pilote pose d’entrée les jalons qui rythmeront certainement la suite de cette série placée sous le signe du contraste et de la complétude.

Mais 16 ans plus tard, le poids de cette prophétie se serait-il évaporé ? Yuru, l’un des jumeaux, rentre de la chasse par une journée claire. Alors qu’il est accueilli par un ami guilleret dans son village médiéval protégé par des Gardiens spirituels, on se dit que la vie est paisible ici. En apparence du moins. Une tension sinueuse s’installe pendant que le jeune garçon retrouve sa sœur, Asa, enfermée dans un cachot. Tenue ainsi à l’écart du monde, la situation ne paraît pourtant pas la déranger. Derrière les sourires fraternels, quelque chose cloche. Quelques notes de musique, graves, et quelques plans serrés suffisent à créer le malaise.

Yuru prêt à l'action dans Deamons of the Shadow Realm.
© Bones.

Puis c’est la rupture. Deamons of the Shadow Realm nous désarçonne subitement en brisant l’illusion des premières minutes. Alors que Yuru comprend peu à peu que rien de ce qu’il ne croyait n’est vrai, nous-mêmes perdons notre crédulité. Il existe un autre monde loin de ce village de campagne perdu dans les montagnes, un monde dont on ne revient jamais. Sauf que là, c’est lui qui débarque sans prévenir, avec une cruauté qui ne décevra pas les fans de Fullmetal Alchemist et rappellera tout autant Hunter x Hunter. Il est temps que les Tsugai se révèlent, tandis que le destin de notre héros se redessine du tout au tout.

Ce premier épisode de Deamons of the Shadow Realm retient son souffle pour faire éclater la vérité, brutale et choquante, au meilleur moment. Bones nous tient déjà en haleine en dépit d’une animation certes bien exécutée, mais sans prise de risque. On a même eu quelques frayeurs à la vue de la 3D en ouverture, qui finalement reste assez en retrait pour ne pas empiéter sur la qualité des dessins 2D. Seulement, de Fullmetal Alchimist à My Hero Academia, le studio nous a habitués à des effets saisissants. On ne peut que souhaiter que le spectacle soit au rendez-vous quand les épisodes s’y prêteront.

Asa montre son vrai visage dans Deamons of the Shadow Realm.
© Bones.

Deamons of the Shadow Realm nous a déjà brain, on en redemande

Les retrouvailles de Bones et d’Hiromu Arakawa sur Deamons of the Shadow Realm sont de très bonnes augures pour cette nouvelle série. Bien que le studio ne déploie pas encore son savoir-faire en termes d’animation, il propose un premier épisode au rythme ciselé. Le calme du début laisse place à un chaos dans lequel s’esquisse une grande aventure au croisement des genres et des univers.